Salaire ou dividende : quelle est la meilleure option pour un gérant au Luxembourg ?

Pour de nombreux dirigeants de sociétés au Luxembourg, une question revient régulièrement : faut-il se rémunérer en salaire ou en dividendes ?
Le choix ne dépend pas uniquement de la fiscalité. Il a un impact direct sur la protection sociale, la trésorerie de l’entreprise et la charge globale supportée par la société et le gérant.

Voici une analyse claire et actualisée des règles applicables en 2025.


1. Le salaire : stabilité et droits sociaux complets

Le salaire rémunère l’activité de gestion quotidienne exercée par le gérant.
Il constitue un revenu régulier et ouvre droit à l’ensemble des prestations sociales luxembourgeoises : assurance maladie, pension, maternité, dépendance.

Régime fiscal

Le salaire est considéré comme une charge déductible pour la société.
Il réduit donc le bénéfice imposable soumis à l’IRC, à la surtaxe Fonds pour l’emploi et à l’ICC.

Les rémunérations liées à la gestion journalière sont déductibles, à l’inverse des tantièmes, qui ne le sont pas.

Statut social du gérant

  • Si le gérant détient plus de 25 % du capital, il est assimilé indépendant (non salarié) auprès du CCSS. Les cotisations sont calculées sur son revenu professionnel net.
  • S’il détient 25 % ou moins, il est assimilé salarié et bénéficie d’une fiche de paie classique.
  • Les gérants non associés sont salariés.
  • En SARL-S, le gérant est toujours indépendant, quelle que soit sa participation.

Avantages

  • Couverture sociale complète.
  • Revenu stable et prévisible.
  • Charge déductible pour la société.

Inconvénients

  • Cotisations sociales élevées, surtout pour les indépendants.
  • Sortie de trésorerie mensuelle.

2. Le dividende : flexibilité et fiscalité allégée

Le dividende est une part de bénéfice distribuée aux associés après approbation en assemblée générale.
Il offre une grande souplesse, mais n’ouvre aucun droit social.

Fiscalité du dividende

  • Une retenue à la source de 15 % est prélevée par la société lors de la distribution.
  • Pour un résident personne physique, 50 % du dividende brut est exonéré dans la déclaration d’impôt, dès lors que la société distributrice est pleinement imposable.

Dans certains cas (participations qualifiées, conventions fiscales), la retenue peut être réduite ou supprimée.

Avantages

  • Absence de cotisations sociales.
  • Fiscalité favorable grâce à l’exonération de 50 %.
  • Rémunération ponctuelle, sans charge mensuelle.

Inconvénients

  • Aucun droit social associé.
  • Non déductible pour la société.
  • Formalités obligatoires (assemblée générale, procédure de distribution).

3. L’impôt sur les sociétés en 2025

Avant de distribuer des dividendes, il faut tenir compte de l’impôt payé par la société.

Pour une société établie à Luxembourg-Ville :

  • IRC : 16 %
  • Surtaxe Fonds pour l’emploi : 7 % de l’IRC (soit 1,12 point)
  • ICC : 6,75 %

➡️ Taux global : environ 23,87 %

Les dividendes ne peuvent être versés qu’après paiement de ces impôts.


4. Comparatif synthétique

CritèreSalaireDividende
Déductible pour la sociétéOuiNon
Cotisations socialesOuiNon
Impôt en sociétéRéduit le bénéfice imposableDistribué après impôt
Impôt pour le gérantBarème progressif + 7 % Fonds pour l’emploi50 % exonéré
Protection socialeOuiNon
FlexibilitéMoyenneÉlevée
Impact trésorerieMensuelPonctuel
FormalitésBulletin de salaireAssemblée + distribution

5. La stratégie mixte : l’approche la plus efficace

Dans la pratique, un équilibre entre les deux formes de rémunération est souvent optimal.

Principe

  • Un salaire raisonnable, garantissant les droits sociaux essentiels.
  • Des dividendes complémentaires lorsque la société dégage un bénéfice suffisant.

Exemple

Un gérant se verse 3 000 € par mois et distribue 20 000 € de dividendes en fin d’année.
Cette stratégie permet de :

  • maintenir une couverture sociale complète,
  • réduire l’impôt société grâce au salaire,
  • bénéficier d’une imposition allégée sur la partie en dividendes.

6. Points clés à retenir

  • Le salaire est déductible et garantit une protection sociale complète.
  • Le dividende est fiscalement avantageux, mais n’offre aucun droit social.
  • Une combinaison des deux maximise souvent le revenu net.
  • Le choix dépend de la situation personnelle du gérant, de la trésorerie de l’entreprise et de ses objectifs.